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Le buzz du jour : Censure et politiquement correct dans l’expo Contrefaçon à la CSI ?

Le buzz du jour : Censure et politiquement correct dans l’expo Contrefaçon à la CSI ?

http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/wp-content/uploads/2007/10/censure.jpegAvez-vous lu l’article de Yann Guégan dans Rue89 en avril dernier, « Le logiciel libre indésirable dans l'exposition Contrefaçon » ?

En présentant cette exposition le mois dernier sur le blog (cliquez ici : L’expo de la semaine : « Contrefaçon, la vraie expo qui parle du faux » à la Cité des Sciences ), j’avais signalé en stipulant les organisateurs (l’Institut National de la Propriété Industrielle, le Comité National Anti Contrefaçon et l’Union des Fabricants pour la Protection Internationale de la Propriété Industrielle et Artistique) qu’il y avait probablement « anguille sous roche » dans le contexte actuel de lutte contre le téléchargement illégal… Le propos d’une telle exposition ne pouvait être qu’engagé.

C’est justement ce que Yann Guégan dénonce dans son article lorsqu’il condamne la CSI de censurer les créateurs des logiciels libres. Extrait :

« C'est une simple borne audio, qui devait trôner dans un coin de l'exposition « Contrefaçon » inaugurée ce mercredi à la Cité des sciences de La Villette, à Paris. Mais les adeptes du logiciel libre pourraient bien en faire un casus belli contre l'Institut national de la propriété industrielle (INPI)

Isabelle Vodjdani, artiste et enseignante à Paris I, avait été chargée par les organisateurs de rédiger un court texte d'introduction à l'univers du copyleft, de l'open source et des licences GNU avant de l'enregistrer en studio. Vendredi, elle reçoit un mail signé par Blandine Savrda, la commissaire, l'informant que son travail a finalement été abandonné. »

La principale intéressée indique que le message de la CSI était clair quant à la raison de ce changement de dernière minute : « Notre partenaire principal, l'INPI, est farouchement opposé à ce que l'exposition donne la parole aux défenseurs du “libre”. Nous avons essayé de discuter et d'argumenter avec eux mais l'INPI reste intransigeant sur sa position. Nous sommes donc obligés, avec grand regret, de ne pas présenter votre parole que vous aviez, aimablement, accepté de rédiger et d'enregistrer. »

 

http://www.rmc.fr/blogs/public/images/Brigitte_Lahaie/censure-4.pngDans un article paru sur Transactiv.exe, Isabelle Vodjani regrette ce choix, et décide de reproduire le texte mis au point avec l'équipe de la Cité des sciences. Son jugement est sans appel : « C'est une expo de propagande, pour un public captif ». Au téléphone, la co-rédactrice de la licence Art libre explique en quoi le monde du « libre » avait toute sa place dans le cadre d'une expo où se côtoient reproductions de tableaux, baskets Nike contrefaites et photos retouchées : « Le fait qu'un petit volet sur le libre ait été prévu au départ montre que les concepteurs avaient conscience qu'on ne peut pas traiter ce sujet-là sans en toucher un mot. Se contenter de dire “ça, c'est interdit”, “ça, c'est très mal”, sans présenter des pratiques plus positives dans le domaine de la propriété intellectuelle, sans donner dans la nuance, ça me parait assez énorme. C'est une expo de propagande, où on va emmener des cars d'écoliers, un public captif. Le tout au service d'un lobby qui veut défendre une certaine conception du droit d'auteur. »

Au service communication de l'INPI, on se défend d'avoir influencé ce choix tandis que l’équipe de la CSI rappelle que l'institution s'investit beaucoup dans ce domaine…

Mais alors qui a décidé de cette censure, qui croire ? Un musée doit-il évacuer tout sujet qui fâche comme ici certains aspects du droit d’auteur, en occultant certaines données jugées « importantes » ?

A vous de juger…

 

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